• Subiect: Les travaux des chantiers de construction de Bucarest des années 1958-1960, suivis avec attention par les archéologues, ont mis au jour de nombreux vestiges se rapportant au passe féodal de la capitale de la R. P. Roumaine. C'est ainsi que, lors des travaux d'excavation du chantier du Bd. 1848 n° 44 et de ceux d'aménagement du nouvel égout collecteur, on a relevé les traces de trois habitations a demi creusées dans le sol datant de la période du haut féodalisme. Le matériel découvert consiste surtout en fragments céramiques, parmi lesquels la première place revient aux restes de nombreux pots, façonnes au tour lent en une pâte contenant une forte proportion de sable. Ces vases ont près des 4/5 de leur surface extérieure occupes par des stries longitudinales, alors que leur rebord présente souvent comme motif décoratif des bandes de lignes sinueuses, poinçonnées et autres. Autant dans les fonds de cabanes que dans la couche du Moyen Age en général, la céramique grise n'a été rencontrée que très rarement. S'appuyant sur les découvertes archéologiques des années 1953-1954, D. V. Rosetti a date cet établissement aux Xe-XIe siècles. La découverte d'os d'animaux domestiques ainsi que de résidus de la fusion des métaux prouve que les hab. Tant de ces huttes pratiquaient l'élevage, mais aussi le travail des métaux. A l'intersection du Bd. 1848 et de la rue Covaci, on a découvert les restes d'une demeure féodale datant de la seconde moitié du XVe siècle. Dans le remblai de la fosse de cette hutte on a trouvé d'abondantes traces de charbon, des os de ruminants, des fragments de vases en terre cuite etc. En admettant donc que la cour princière ait été bâtie vers la fin du XVe siècle autour de l'emplacement de l'actuel "Marché aux Fleurs", il est permis de supposer qu'elle l'a été sur un lieu Occupe antérieurement par de modestes constructions appartenant à quelque établissement rural. L'installation de la cour princière à Bucarest a entraîné d'importantes modifications édilitaires, surtout dans le secteur central de la ville, mais les traces de ces transformations ont souvent disparu à la suite de la vente à l'encan du périmètre de l'ancienne cour princière par le prince Constantin Hangerli. Un grand nombre de sous-sols de marchands ont pris la place des édifices princiers, constructions mises au jour par les fouilles exécutées dans les années 1959-1960 autour de l'édifice central du "Marché aux Fleurs", ainsi que sur le Bd. 1848. On a également découvert un canal construit en tuiles arrondies, faisant partie du système d'approvisionnement en eau de l'ancienne:- cour princière aux XVIe-XVIIe siècles, des restes de pavages en poutres des XVIIe-XVIIIe siècles, un petit trésor de monnaies de bronze turques émises en 1757, différents outils des XVIIIe-XIXe siècles, etc. * * Au cours de l'année 1958, lors des travaux de restauration de l'immeuble du Bd. 1848 n° 2 (aujourd'hui siège du Musée d'histoire de la ville de Bucarest), un sondage archéologique fut exécuté sur le terrain entourant cette bâtisse. Les six sections pratiquées a cette occasion ont établi que l'actuel édifice, datant des années 1833-1834, a été élevé sur l'emplacement de constructions antérieures. Ainsi, on a relevé sur la côte sud les restes d'une cave construite au début du XVIIe siècle ainsi que des murs en brique appartenant à des bâtisses du même siècle. Or il est atteste documentaire ment que le terrain en question était occupé au début du XVIIe siècle par la maison du magistrat Seman, devenue ultérieurement la propriété du chroniqueur Stoica Ludescu. L'exiguïté du terrain affecté au sondage d'une part. L’activité intense du chantier de construction d'autre part, ont empêché l'extension des fouilles. * * Les découvertes archéologiques auxquelles donnèrent lieu les travaux de construction exécutes a l'entour de la place du Palais de la R. P. Roumaine confirment les données documentaires attestant que ce secteur a commencé à être habite dans la seconde moitié du XVIIe siècle. L'emplacement des anciens quartiers de "Stejaru" et de "popa Stoica" est recouvert d'une couche de terre noire de 0,80 m d'épaisseur contenant des fragments de vases en terre cuite, des restes d'objets d'usage domestique, des morceaux de brique ou de terre pilonnée etc. datant de l'époque féodale. A ce propos, l'auteur signale que si la rareté des traces de culture matérielle du XVIIe siècle témoigne de l'importance réduite de l'habitation à cette époque, celles qui se rattachent au siècle suivant deviennent plus fréquentes. Enfin des recherches, exécutées en liaison étroite avec les travaux de construction, ont porté sur les fondements de différents édifices civils ou religieux du XVIIIe siècle de même que sur une série de tombes des XVIIIe - XIXe siècles ayant appartenu aux églises Brezoianu, Stejiaru et a l'église calviniste. Ces recherches ont mis au jour des objets de parement, des pierres tombales, ainsi qu'un trésor monétaire constitue par des pièces d'argent et d'or turques, russes, autrichiennes et belges datant de la période 1730-1809. * * En automne 1959, sur le chantier du vaste ensemble d'habitations de "Splaiul Unirii", on a découvert des restes d'objets du XVIIIe siècle, à savoir une portion d'une construction pourvue de tuyaux et d'un fragment de canal d'écoulement. L'étanchéité du plancher et des parois, recouverts de dalles de pierre, l'existence de quatre conduits d'eau, ainsi que la technique de clivage des dalles indiquent que le but de cette construction était de recevoir une certaine quantité d'eau. Il ressort d'ailleurs de certains documents et plans de la fin du XVIIIe siècle que la construction en question était située sur l'emplacement du parc de Nicolas Brancovan et il semble qu'elle ait fait partie d'un grand bassin d'eau qui a subsiste jusqu'au milieu du XIXe siècle. Elle représente la seule construction de ce genre connue jusqu'à ce jour à Bucarest et prouve d'une part le niveau avance auquel on était arrivé en matière de construction dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, d'autre part l'existence d'influences baroques dans l'architecture des parcs bucarestois de cette époque. * * Des travaux de canalisation entrepris en juin 1960 dans l'avenue Rahovei ont mis au jour, dans la portion comprise entre la rue Justiţiei et la rue Libertăţii, les restes d'une rue pavée de poutres. Etant donné qu'il s'agissait de l'une des quatre grandes artères pavées traversant la ville a l'époque féodale, on a creuse en face de l’immeuble n° 57 une fosse de sondage, perpendiculaire à la rue. Quoiqu'une port on considérable de la surface fouillée fut dérangée par des travaux postérieurs, certaines constatations sur le système de pavage des rues ont pu être faites. La portion de pavage découverte en 1960 correspond au trace du "podul Calicilor" du XVIIIe siècle, époque a laquelle on avait abandonné l’ancienne trace assurant la sortie de la ville vers le "drumul Mehedinţilor" par l'actuelle "strada Cazărmii". Au cours de la période ·1-15 aout 1960, le Musée d'histoire de Bucarest a exécuté, parallèlement à certains travaux de restauration de la Direction des Monuments Historiques, un sondage archéologique sur la colline de la Patriarchie. Les fouilles, consistant essentiellement en une section de 20,5 m. de longueur dirigée sur l’axe longitudinal de l'église, ont établi que ce lieu avait subi a plusieurs reprises de transformations considérables. Sous la couche de décombres des XVIIIe-XIXe siècles, on a rencontré une couche de terre marron dont la partie supérieure renfermait des fragments de vases de l'âge du bronze. L'absence de niveaux des XVIIe-XVIIIe siècles est due au fait que la partie supérieure de colline avait été rasée. A la fin du XVIIIe siècle, en échange, la côte est de la colline a été surhaussé par une couche de terre jaune rapportée. En dehors des traces d'habitat, elles-mêmes sporadiques d'ailleurs, de l’Age du bronze. Le sondage archéologique pratique sur la colline de la Patriarhie n’a livrée aucun élément se rattachant aux débuts de la vie féodale en ce lieu.
  • Limba de redactare: română
  • Secţiunea: Rapoarte de săpături
  • Vezi publicația: Cercetări arheologice în Bucureşti
  • Anul publicaţiei: 1963
  • Referinţă bibliografică pentru nr. revistă: I; anul 1963
  • Paginaţia: 139-178
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