• Subiect: 1. Les recherches de surface entreprises en l'année 1960 sur le territoire de la commune Tînganu-Cernica (arrondissement 23 August) ont détermine l'emplacement exact de l'ancien monastère de Tînganu, fondation du prince Radu le Beau (1462-1475). Les fouilles, commences en 1961 et poursuivies en 1963-1964, ont mis au jour les fondements des bâtiments du monastère, datant des XVe-XIXe siècles, des fonds de cabanes, des fosses ménagères, des fosses destinées a la conservation des céréales, une nécropole, enfin les vestiges d'un établissement géto-dace. Le monastère de Tînganu a été édifie sur un terrain présentant des restes d'habitation du XIVe siècle. L'église, dont il ne reste plus que les fondements, en grosses pierres liées de mortier résistant, est de plan trèfle et mesure 13x7,40 m. Par son architecture. l'église du monastère de Tînganu marque la transition entre les édifices religieux de la fin du XIVe siècle et ceux élevés en Va1lachie au début du XVIe siècle. Elle est une réalisation des artisans locaux. Au XVIIe siècle l'église a été agrandie par un exonarthex en brique. Toutes les tombes du pronaos ont été violées aux XVIIe et XIXe siècles, seules celles de l’exonarthex n'ont pas été profanées et l'on a pu constater que leur inventaire diffère de celui des tombes de la nécropole. Au XVIIe siècle, une nouvelle demeure des higoumènes fut élevée, au sud de l'église, au lieu de la maison antérieure construite en torchis. Les observations archéologiques enregistrent quatre incendies subis par cette demeure : aux XVe-XVIe siècles, a la fin du XVIe siècle, en 1658-1659 et dans la première moitié du XIXe siècle. Les sections pratiques ont mis au jour sept huttes enfoncées dans le sol, datant des XVe, XVIe et XIXe siècles. Le matériel archéologique découvert consiste en outils en fer, objets du culte, bijoux, monnaies et un riche inventaire céramique comprenant des vases d'usage domestique, des carreaux de cheminée, des disques ornementaux etc. La nécropole féodale. Autour de l'église, sur une surface de 1000 m environ, se trouvait 'la necropole du monastère et du village de Tînganu, dont on a étudie -entièrement ou partialement - 251 tombes. Le secteur de densité maxima des tombes s'est avéré être a proximité du monastère, ou l'on a rencontré des superpositions de 2 à 3 tombes. La nécropole a fonctionné durant un intervalle de temps couvrant les XVe-XIXe siècles. Le mobilier funéraire consiste en monnaies hongroises, turques, autrichiennes, perles, agrafes, objets d'usage domestique et restes de vêtements. * 2. L'établissement La Tene. L'établissement géto-dace de Tînganu constitue le niveau d'habitation le plus ancien du complexe. Il est représenté, jusqu'à ce jour, par une série de fosses et de' huttes, concentrées surtout dans la zone sud-est du site. Le matériel mis au jour, tant dans les huttes et fosses, que dans la couche de culture La Tene située dans les sections I, III et XI, consiste surtout en poterie a l'état fragmentaire, difficilement reconstituable et prouvent être repartie en quatre catégories ; poterie primitive, noire-rougeâtre, lustrée ; poterie poreuse faite à la main ; poterie grise façonnée au tour, de facture supérieure ; enfin, poterie d'importation. * 3. L'étude concernant les matériaux numismatiques livres par les fouilles de Tînganu fournit des données précieuses sur l'évolution de ce monastère. On a découvert, dans l'établissement ou dans la nécropole, 3 monnaies datant du XVe siècle, 10 monnaies du XVIe siècles, 9 monnaies du XVIIe siècle, 33 monnaies authentiques et 19 fausses d'époque du XVIIIe siècle, enfin 8 monnaies du XIXe et dernier siècle d'existence du monastère. Les émissions proviennent des ateliers de frappe moldaves, hongrois, autrichiens et ottomans. On relevé un accroissement du nombre des monnaies turques surtout au cours des XVIIIe -XIX siècles, fait confirme par d'autres découvertes récentes de monnaies turques dans les secteurs Băneasa, la place du Palais de la R.P.R., Otopeni etc. * 4. La dernière étude expose l'histoire de la fondation d'après les sources écrites. Le rôle de fondateur de Radu le Beau est confirmé par les documents, la période de construction étant comprise selon l'auteur entre les années 1463 et 1469. Les données sont relativement fournies pour les XVlle-XVIIIe siècles, particulièrement pour les évènements en rapport avec l'invasion turco-tartare de 1658-1659,au cours de laquelle le monastère fut dévaste et incendie, la lutte des higoumènes pour le maintien des limites du domaine conventuel, la soumission de Tînganu au monastère de Văcăreşti et, aux XVIIIe-XIXe siècles, la transformation du monastère en simple église paroissiale du village de Tînganu. Apres 1855, l'église, dernier bâtiment de l'ensemble médiéval de Tînganu reste debout, commence à se ruiner, processus qui, 1malheureusement, suivra un rythme des plus rapides.
  • Limba de redactare: română
  • Vezi publicația: Cercetări arheologice în Bucureşti
  • Anul publicaţiei: 1965
  • Referinţă bibliografică pentru nr. revistă: II; anul 1965
  • Paginaţia: 239-297
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